Comment sont produites les huiles végétales?

On distingue les huiles de graines (colza, tournesol, pépins de raisin) des huiles de fruits (olive, noix).

  • Huiles de graines (colza, tournesol, pépins de raison,…)

L’huile obtenue à partir de plantes comme le colza, le tournesol,… est contenue dans les graines.  Une fois nettoyées, les graines sont broyées puis légèrement chauffées pour faciliter l’extraction de l’huile. Après pression, une 1ère huile brute de pression est obtenue. La pâte restante contient encore 12 à 15% d’huile, et il est possible de récupérer cette huile résiduelle grâce à des procédés d’extraction chimique : c’est l’huile brute d’extraction. L’huile brute de pression et l’huile brute d’extraction sont généralement mélangées. L’huile brute n’est pas consommable en l’état car elle contient des composés gênants pour sa bonne conservation, elle doit donc être raffinée. Cela consiste à éliminer une partie ou la totalité de ces composés par procédés principalement physiques. Ces étapes garantissent la pureté, la limpidité, le goût neutre et la stabilité des huiles. Les huiles sont alors prêtes à être embouteillées puis consommées.

 

  • Huiles de fruits (noix, olive, noisette…)

Les fruits sont nettoyés et débarrassés de leurs impuretés, pour ensuite être broyés.  Cela permet d’obtenir d’une part une pâte constituée de matière solide et d’autre part l’huile. La pression exercée sur les fruits permet de séparer ces deux phases et de récupérer l’huile dite « huile de pression ». Si la pression est réalisée sans chauffage, on parle de « pression à froid ».

Une seconde étape peut suivre la pression, par exemple dans le cas de l’huile d’olive : l’extraction, qui consiste à centrifuger la pâte d’olive pour récupérer l’huile résiduelle dite « huile d’extraction ».

L’huile de fruit peut ensuite être filtrée pour obtenir une huile plus limpide.

En fonction des caractéristiques recherchées, plusieurs crus (c’est-à-dire des huiles d’olive de différentes origines) peuvent être assemblés pour permettre de conserver un goût constant toute l’année, avant d’être conditionnés.

 

Sciences et Lipides : qui en parle en France ?

Un certain nombre d’associations scientifiques et techniques s’intéresse aux lipides en France, les voici  :

La SFEL : Créée en 1943, la Société française pour l’étude des lipides (SFEL) regroupe tous les ingénieurs et techniciens des corps gras. Elle organise tous les ans les Journées Chevreul, au cours desquelles est décernée un distinction à des personnalités choisies en raison de leur contribution  à la connaissance des corps gras.

Le Groupe Lipides Nutrition GLN regroupe d’une part des entreprises, d’autre part des chercheurs travaillant dans le domaine de la nutrition et des lipides. Son objet principal est d’aider par des subventions ou des bourses des jeunes chercheurs travaillant dans ce domaine, et de faire circuler l’information entre ses membres.

le Groupe d’Étude et de Recherche des Lipides et des Lipoprotéines (GERLI) dont le secrétariat est assuré par l’INSERM regroupe les chercheurs en biochimie des lipides. Il organise chaque année un Congrès.

Pour les utilisations industrielles des corps gras, l’ITERG à Pessac est le centre technique industriel dédié. Le CETIOM est l’organisme technique de recherche et de développement au service des productions oléagineuses françaises, et depuis 2010, du chanvre industriel.

Et en Europe ? EUROFEDLIPID fédère 13 associations scientifiques européennes, dont la SFEL ;  c’est un réseau de plus de 2 000 chercheurs et entreprises.

 

 

La petite histoire des lipides et de la nutrition

Avant 1850,  et Claude Bernard,  il était admis que les graisses ingérées avec les aliments ne subissaient pas de modification. Claude Bernard découvre que le pancréas contribue à la digestion des graisses.

Il a fallu attendre dix ans de plus, avec Liebig, pour comprendre que les graisses présentes dans l’organisme se forment à partir d ‘autres substances que celles qui sont contenus dans la nourriture.  Burr en 1929 met en évidence que des animaux soumis à un régime sans corps gras présentent de sévères pathologies et surtout que ce n’est pas la carence qui les provoquent mais l’absence d’un acide gras particulier, l’acide linoléique.

En 1964, van Dorp  décrit la bioconversion de l’acide linoléique et ouvre la voie à la recherche sur les précurseurs  des régulations métaboliques. C’est le véritable point de départ des recherches alliant lipides et nutrition, qui ont conduit aujourd’hui à en savoir plus sur les acides gras insaturés essentiels, que nous devons trouver dans notre alimentation.

 

 

 

Qui a inventé la margarine ?

LA MARGARINE « blanc de perle »

La margarine est née en 1869 en France à la suite d’un concours ouvert par Napoléon III pour la recherche d’un produit propre à remplacer le beurre qui était à cette époque cher, rare et se conservait mal.
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Hippolyte MEGE-MOURIES réalisa une émulsion blanche résultant du mélange de graisse de bœuf et de lait et d’eau baptisée Margarine (du grec margaron = blanc de perle). Le brevet est déposé en 1872 et la commercialisation de la Margarine va dès lors se développer.Les progrès de la science au début du XXème siècle vont permettre d’utiliser les huiles et graisses végétales dans la fabrication des margarines.La margarine est aujourd’hui bien différente de son ancêtre née en 1869 !Les producteurs de margarine en France aujourd’hui  :

 Saint Hubert et Primevère

Huiles et margarines riches en Acides Gras Insaturés : un bénéfice nutritionnel reconnu pour les consommateurs

Les consommateurs sont informés de manière claire et précise sur le bénéfice nutritionnel des huiles et margarines :  Selon le rapport de l’AFSSA (devenue l’ANSES) de juin 2003, « Les allégations fonctionnelles relatives à la participation des acides gras omégas 3 au bon fonctionnement du système cardiovasculaire sont justifiées car elles traduisent un ensemble de faits expérimentaux appuyés par une série d’études d’intervention. ».

Evaluations scientifiques

L’intérêt nutritionnel des huiles et margarines riches en acides gras essentiels a été reconnu à plusieurs reprises par les instances scientifiques et règlementaires françaises et européennes :

–       Selon l’avis de l’AFSSA de 2003,  « un apport supplémentaire d’oméga 3 peut permettre d’améliorer la couverture des besoins qui est insuffisante dans la population française, et peut avoir également un effet bénéfique en prévention cardiovasculaire chez les sujets à risque cardiovasculaire ayant des besoins couverts mais pouvant bénéficier d’un surcroît d’apport en acides gras oméga 3 ».

–       Sur la demande de la Commission Européenne,  l’EFSA a rendu un avis en juillet 2005 sur les allégations nutritionnelles relatives  aux omégas 3. Cet avis précise : «  l’ALA est un acide gras nutritionnellement essentiel requis pour la synthèse d’important acides gras et d’eicosanoïdes. Les preuves disponibles suggèrent que les acides gras polyinsaturés n-3 Longues Chaines (EPA et DHA) semblent réduire le risque de maladie cardiovasculaire, en intervenant vraisemblablement sur la prévention des arythmies cardiaques.».

Il évoque également l’effet du remplacement des Acides Gras Saturés par les Acides Gras Polyinsaturés sur le cholestérol : « En plus d’un effet additionnel cardio-protecteur des acides gras oméga 3 longues chaînes et d’un besoin nutritionnel spécifique en acide linolénique oméga 3, la substitution des acides gras saturés dans l’alimentation par une quantité équivalente d’acides gras insaturés (mono-insaturés et polyinsaturés) réduit le cholestérol LDL ».

–       La plupart des huiles combinées et des margarines s’efforcent aujourd’hui d’obtenir un ratio omégas 6/omégas 3 qui soit au plus de 5, selon les recommandations de l’AFSSA

Avis de l’AFSSA de juin 2003 : Acides gras de la famille Oméga 3 et système cardiovasculaire: intérêt nutritionnel et allégations.

–       L’AFSSA recommande un apport nutritionnel en omégas 3 totaux de 2g/j pour un homme adulte (1,6g/j pour une femme) et en DHA de 120mg par jour pour un homme adulte (et de 100 mg pour une femme). Elle recommande également une consommation d’environ 10g/j d’acides gras omégas 6 pour un adulte.

Apports nutritionnels conseillées pour la population française, 2001. 

–   L’EFSA quant à elle recommande un apport en oméga 3 acide alpha linoléique (ALA) de 2g/j.

Scientific Opinion of the Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies on a request from the Commission related to labelling reference intake values for n-3 and n-6 polyunsaturated fatty acids. Adopted on 30 june 2009

–       L’EFSA a également rendu début octobre 2009 des avis scientifiques sur les allégations de santé génériques soumises par les Etats Membres. Ont reçu un avis favorable les allégations relatives à :

  • l’acide linoléique et le maintien du cholestérol sanguin,
  • l’acide alpha-linolénique et le maintien du cholestérol sanguin
  • et l’EPA+DHA et le maintien de la pression artérielle.

Scientific Opinion on the substantiation of health claims related to linoleic acid and maintenance of normal blood cholesterol concentrations (ID 489) pursuant to Article 13(1) of Regulation (EC) No 1924/2006

Scientific Opinion on the substantiation of health claims related to EPA, DHA, DPA and maintenance of normal blood pressure (ID 502), maintenance of normal HDL-cholesterol concentrations (ID 515), maintenance of normal (fasting) blood concentrations of triglycerides (ID 517), maintenance of normal LDL-cholesterol concentrations (ID 528, 698) and maintenance of joints (ID 503, 505, 507, 511, 518, 524, 526, 535, 537) pursuant to Article 13(1) of Regulation (EC) No 1924/2006

Opinion on the substantiation of health claims related to alpha-linolenic acid and maintenance of normal blood cholesterol concentrations (ID 493) and maintenance of normal blood pressure (ID 625) pursuant to Article 13(1) of Regulation (EC) No 1924/2006

–       Plusieurs études scientifiques, dont celle de Salem, ont démontré le rôle du DHA dans la croissance et le développement fonctionnel du cerveau.

Workshop on DHA as a required nutrient: overview. Saldanha LG, Salem N Jr, Brenna JT. Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids. 2009 Aug-Sep;81(2-3):233-6. Epub 2009 Jul 30

–       Selon l’avis AFSSA de 2008 (Saisine n°2006-SA-0337), « les données issues d’études épidémiologiques (Hu et al. 1997), de méta-analyse (Clarke et al. 1997) et d’études cliniques contrôlées (Chisholm et al. 1996 ; Cleghorn et al. 2003 ; Judd et al. 1998 ; Seppanen-Laasko et al. 1992) permettent de confirmer une réduction du cholestérol-LDL plasmatique, secondaire à une substitution des AGS par une quantité similaire d’AGMI et d’AGPI. Les résultats de ces études permettent d’envisager une réduction du cholestérol total et du cholestérol-LDL plasmatiques de 5-10 %. Cet effet semble lié à une baisse des apports en AGS et/ou une augmentation des apports en AG insaturés. […] ces études cliniques reposent essentiellement sur l’utilisation de margarines  […] ».

Saisine n°2006-SA-033 – Avis relatif à l’évaluation du fondement scientifique de l’allégation «aide à limiter le cholestérol » d’une spécialité aux matières grasses végétales contenant moins de 3 g d’acides gras saturés au profit des acides gras insaturés.

–       L’AFSSA a rendu en novembre 2008 un avis favorable à l’emploi d’huile riche en DHA ; elle considère que le niveau maximal de consommation estimé est tout à fait acceptable et ne pose aucun problème de surconsommation.

Saisine n° 2008-SA-0316 – Avis de l’AFSSA relatif à la demande d’autorisation de mise sur le marché d’un nouvel aliment ou d’un ingrédient alimentaire: extension d’emploi de l’huile riche en DHA issue de la micro-algue Schizochytrium sp.

 –       L’acide alpha linolénique (ALA – oméga 3) et l’acide linoléique (LA – oméga 6), tous deux présents dans les margarines, ont été reconnus comme nécessaires à la croissance et au développement normal des enfants par la Commission Européenne en 2009, par le règlement 983/2009.

Le rapport sur l’enquête INCA 2 réalisé par l’AFSSA révèle également que les matières grasses végétales sont les premières sources d’Acides Gras Poly-Insaturés (omégas 3 et 6). Les huiles sont en effet le 1er contributeur en AGPI et les margarines le 3e. Elles sont de plus de faibles contributeurs en Acides Gras Saturés dont la consommation doit être limitée (respectivement contributeurs à hauteur de 3,9% et 2,2% des apports totaux en AGS).

Que sont vraiment les matières grasses et les acides gras?

Les huiles et les matières grasses sont présents de manière directe dans la cuisine, notamment au travers des huiles végétales et des margarines. Nous avons tous l’habitude d’en utiliser.
Il faut savoir qu’on les retrouve également de manière indirecte, lorsqu’elles sont incorporées aux aliments, que ce soit dans les biscuits, les gâteaux ou de la viande.
C’est dans ce cas qu’on les appelle les matières grasses cachées.

Les matières grasses peuvent être d’origine végétale (huiles, margarine, pesto…) ou animale (produits laitiers). Elles sont solides, comme dans le saindoux ou liquides comme dans les huiles.
D’un point de vue nutritionnel, la différence clef entre ces matières grasses tient aux acides gras qu’elles contiennent.
Alors que les termes « matières grasses » et « acides gras » sont souvent utilisées comme des synonymes, il faut bien faire la distinction: les acides gras ne sont en fait qu’un des composants des matières grasses.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de FEDIOL

http://www.fediol.eu/web/type%20of%20fats/1011306087/list1187970123/f1.html

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Les « lipides » ou « corps gras », c’est quoi ?

Les « lipides » ou « corps gras » se trouvent à l’état naturel dans le règne animal et végétal, sous forme solide (graisse) ou liquide (huile).
Les huiles végétales sont issues de graines dites oléagineuses (colza, tournesol…) ou de fruits (olive, noix, noisettes…). Elles sont un mélange complexe (merci Dame Nature !) de « triglycérides » (95 à 98%) et de constituants mineurs (stérols, tocophérols, etc). Les triglycérides sont constitués de l’assemblage d’une molécule de glycérol et de trois molécules d’acides gras. Un acide gras est une molécule constituée d’une chaîne carbonée et d’un groupe carboxyle (COOH) en bout de chaîne.

Les acides gras se distinguent principalement par  le nombre d’atomes de carbone (la longueur de la chaîne carbonée), par l’insaturation ou le nombre de doubles liaisons sur la chaîne carbonée : pas de double liaison : l’acide gras est dit saturé, 1 double liaison : l’acide gras est mono-insaturé, plusieurs doubles liaisons : l’acide gras est poly-insaturé.

Ils se différencient encore par la forme des doubles liaisons (isomérie géométrique) : dans le règne végétal, les doubles liaisons sont de la forme « cis » (courbure à la molécule). Les acides gras « trans » sont présents dans la matière grasse laitière et peuvent être également produits lors de certaines transformations de la matière grasse (hydrogénation partielle).