« Fats » en anglais, « huile ou graisse » dans les pays francophones

Nos voisins européens n’ont pas de définition réglementaire de ce que nous Francophones appelons huiles ou graisses végétales, que vous trouverez sur les étiquettes de votre bouteille d’huile préférée, de vos sardines en boîte ou des biscuits du goûter.

La réglementation française  (décret n°2008-184) fait une distinction entre huiles et graisses sur l’état, liquide ou solide, à température ambiante de 15 degrés Celsius. Et pas les autres pays européens: si les termes « oils » ou « fats » doivent être utilisés, la réglementation ne définit pas clairement « vegetable oils » ou « vegetable fats ».

Cela ne change pas la nature du produit : certaines huiles tropicales sont liquides dans leur pays d’origine et solides ici. C’est le cas notamment de l’huile de palme, et c’est dû , comme pour le beurre, à la composition en acides gras, majoritairement saturés.

50 ans d’histoire des huiles en un clin d’oeil

3 graphiques qui montrent l’évolution de la production mondiale d’huiles, depuis 25 ans : (données Oilworld)

1960

En 1960, le soja, la palme, et l’ensemble colza tournesol ne représentent qu’un quart des 29 millions de tonnes d’huiles végétales produites dans le monde.

1985

En 1985, le soja, la palme, et l’ensemble colza tournesol représentent presque la moitié des huiles produits dans le monde… mais le total est déjà passé à 69 millons de tonnes !

2010

En  2010, l’huile de palme est déjà de loin la première production mondiale, suivie du soja, et assez loin derrière le colza et le tournesol, les princinpales productions européennes. Et la production a désormais dépassé 170 millions de tonnes : il faut nourrir 7 milliards d’humains !

L’huile de palme en bref

L’huile de palme est une matière grasse végétale extraite du palmier à huile, et qui présente une consistance  solide à température ambiante. Cela en fait un atout majeur pour son utilisation comme ingrédient dans certains produits alimentaires : texture (apport de croustillant ou croquant, sensation de « fondre en bouche »), résistance aux hautes températures, à l’oxydation, longue durée de conservation,…

Huile de palme et nutrition

L’huile de palme contient 50% d’acides gras insaturés et 50% d’acides gras saturés. Les pouvoirs publics recommandent de privilégier les matières grasses riches en acides gras insaturés. Il est donc important de varier ses sources de matières grasses.

La présence ou non d’huile de palme dans un produit n’est pas un critère suffisant pour déterminer la qualité nutritionnelle de ce produit. Il faut prendre en compte le profil nutritionnel global du produit, donné par le tableau de valeur nutritionnel présent sur l’étiquette.

Et surtout il faut considérer l’alimentation comme un tout, qui se doit d’être équilibré ; aucun produit n’est bon ou mauvais en soi. Si un produit est mauvais pour la santé du consommateur, alors c’est qu’il relève des contrôles sur la consommation et ne doit pas être mis sur le marché.

Huile de palme et environnement

La production de l’huile de palme ne peut pas être tenue pour seule responsable de la déforestation en Malaisie et en Indonésie : sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire supprimés en Indonésie entre 1990 et 2005,  3 millions d’hectares l’ont été pour le développement des palmeraies, dont 20% selon des critères durables[1]. Il est important de noter que  l’huile de palme est plus productive que les autres cultures oléagineuses, elle nécessite donc moins de surface pour plus de volume produit. Son rendement explique également pour quoi elle permet aux communautés de ces régions tropicales où elle est cultivée de dégager des revenus par hectare très importants.

Néanmoins, pour répondre aux préoccupations  des associations et des consommateurs, les entreprises ont mis en place des actions pour promouvoir le développement d’une culture durable de l’huile de palme, avec la mise en place d’une certification pour une huile de palme « durable » et cultivée de façon responsable, tout en maintenant le développement économique local.

Le Fonds Français Alimentation & Santé a publié en novembre 2012 un état des lieux sur l’huile de palme: Huile de palme, aspects nutritionnels, sociaux et environnementaux.


[1] McCarthy, 2010.