50 ans d’histoire des huiles en un clin d’oeil

3 graphiques qui montrent l’évolution de la production mondiale d’huiles, depuis 25 ans : (données Oilworld)

1960

En 1960, le soja, la palme, et l’ensemble colza tournesol ne représentent qu’un quart des 29 millions de tonnes d’huiles végétales produites dans le monde.

1985

En 1985, le soja, la palme, et l’ensemble colza tournesol représentent presque la moitié des huiles produits dans le monde… mais le total est déjà passé à 69 millons de tonnes !

2010

En  2010, l’huile de palme est déjà de loin la première production mondiale, suivie du soja, et assez loin derrière le colza et le tournesol, les princinpales productions européennes. Et la production a désormais dépassé 170 millions de tonnes : il faut nourrir 7 milliards d’humains !

L’huile de palme en bref

L’huile de palme est une matière grasse végétale extraite du palmier à huile, et qui présente une consistance  solide à température ambiante. Cela en fait un atout majeur pour son utilisation comme ingrédient dans certains produits alimentaires : texture (apport de croustillant ou croquant, sensation de « fondre en bouche »), résistance aux hautes températures, à l’oxydation, longue durée de conservation,…

Huile de palme et nutrition

L’huile de palme contient 50% d’acides gras insaturés et 50% d’acides gras saturés. Les pouvoirs publics recommandent de privilégier les matières grasses riches en acides gras insaturés. Il est donc important de varier ses sources de matières grasses.

La présence ou non d’huile de palme dans un produit n’est pas un critère suffisant pour déterminer la qualité nutritionnelle de ce produit. Il faut prendre en compte le profil nutritionnel global du produit, donné par le tableau de valeur nutritionnel présent sur l’étiquette.

Et surtout il faut considérer l’alimentation comme un tout, qui se doit d’être équilibré ; aucun produit n’est bon ou mauvais en soi. Si un produit est mauvais pour la santé du consommateur, alors c’est qu’il relève des contrôles sur la consommation et ne doit pas être mis sur le marché.

Huile de palme et environnement

La production de l’huile de palme ne peut pas être tenue pour seule responsable de la déforestation en Malaisie et en Indonésie : sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire supprimés en Indonésie entre 1990 et 2005,  3 millions d’hectares l’ont été pour le développement des palmeraies, dont 20% selon des critères durables[1]. Il est important de noter que  l’huile de palme est plus productive que les autres cultures oléagineuses, elle nécessite donc moins de surface pour plus de volume produit. Son rendement explique également pour quoi elle permet aux communautés de ces régions tropicales où elle est cultivée de dégager des revenus par hectare très importants.

Néanmoins, pour répondre aux préoccupations  des associations et des consommateurs, les entreprises ont mis en place des actions pour promouvoir le développement d’une culture durable de l’huile de palme, avec la mise en place d’une certification pour une huile de palme « durable » et cultivée de façon responsable, tout en maintenant le développement économique local.

Le Fonds Français Alimentation & Santé a publié en novembre 2012 un état des lieux sur l’huile de palme: Huile de palme, aspects nutritionnels, sociaux et environnementaux.


[1] McCarthy, 2010.

La vitamine E : un antioxydant naturellement présent dans les huiles

La  vitamine E, (en fait 8 molécules différentes dont les tocophérols), est une vitamine liposoluble, c’est-à-dire qui est soluble dans les matières grasses. On la retrouve principalement dans les matières grasses, et les sources les plus importantes sont végétales : huiles et margarine, fruits oléagineux, germes de céréales. Les fruits et légumes représentent la deuxième source de vitamine E.

La vitamine E est intéressante pour  sa capacité antioxydante : elle protège les membranes des cellules de l’organisme en piégeant les radicaux libres et en empêchant leur propagation.

Elle participe donc avec d’autres systèmes de défense antioxydante à la protection de notre organisme.

Par ailleurs, elle est impliquée dans l’agrégation plaquettaire et dans les processus inflammatoires.

 

Aliments les plus riches en vitamine E

mg/100g

Huile de tournesol 56
Margarine 43
Huile de pépin de raisin 32
Germe de blé, noisette, amande 20-25
Huile d’arachide, Huile de colza, Huile de soja 15-20
Huile d’olive, huile de noix 10-15
Cacahuète, anguille, huile de poisson 5-10
Noix, beurre, jaune d’œuf, pissenlit, patate douce 2-5
Epinard, asperge, pois chiche, cresson, marron, brocoli, tomate, saumon fumé, omelette, pain complet 1-2

Source CIQUAL

Les huiles végétales apportent donc à l’organisme cet antioxydant  naturel : pensez-y pour vos salades !

La petite histoire des lipides et de la nutrition

Avant 1850,  et Claude Bernard,  il était admis que les graisses ingérées avec les aliments ne subissaient pas de modification. Claude Bernard découvre que le pancréas contribue à la digestion des graisses.

Il a fallu attendre dix ans de plus, avec Liebig, pour comprendre que les graisses présentes dans l’organisme se forment à partir d ‘autres substances que celles qui sont contenus dans la nourriture.  Burr en 1929 met en évidence que des animaux soumis à un régime sans corps gras présentent de sévères pathologies et surtout que ce n’est pas la carence qui les provoquent mais l’absence d’un acide gras particulier, l’acide linoléique.

En 1964, van Dorp  décrit la bioconversion de l’acide linoléique et ouvre la voie à la recherche sur les précurseurs  des régulations métaboliques. C’est le véritable point de départ des recherches alliant lipides et nutrition, qui ont conduit aujourd’hui à en savoir plus sur les acides gras insaturés essentiels, que nous devons trouver dans notre alimentation.